Vendredi 2 décembre – 19ème journée

L’audience reprend à 9h44.

La Cour procède à l’audition de HANS JOACHIM KLEIN, ancien compagnon d’armes de CARLOS, notamment lors de la prise d’otage des ministres de l’OPEP à Vienne en 1975.

Les propos étant inaudibles et l’accent de M. KLEIN étant très prononcé, nous nous permettons de rapporter des éléments sur sa biographie.

Il est venu à la politique au tout début des années 1970. Au fil des rencontres, il se radicalise peu à peu, bientôt convaincu qu’il n’est guère d’autre solution que de prendre les armes.

A l’époque, il est marqué par les conditions de détention qui sont réservées à la première vague de militants de la Rote Armee Fraktion (RAF, aussi nommée « Bande à Baader »), presque tous emprisonnés en juin 1972 après une série d’attentats les semaines précédentes (dont deux attentats contre les forces américaines en Allemagne et un autre contre le groupe Springer). Ces années sont appelées « les années de plomb. Les membres de la RAF dont Andreas Baader, Holger Meins sont regroupés dans le quartier de haute sécurité de la prison de Stuttgart-Stammheim. La mort de l’un d’entre eux, Holger Meins, après plusieurs semaines de grève de la faim est vécue comme un déclencheur pour KLEIN.

C’est au sein des Cellules Révolutionnaires (RZ), créées un an auparavant qu’Hans-Joachim KLEIN s’investit en 1974.

Puis il  accepte de participer à une action organisée conjointement par les Cellules Révolutionnaires et par le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP, le bras armé de l’OLP). Il s’agit de prendre en otage les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) réunis à Vienne en décembre 1975, puis de s’enfuir en avion avec eux. L’objectif affiché est de mettre un coup de projecteur sur le combat palestinien, de rappeler les pays arabes à leurs obligations en la matière et d’en profiter pour exécuter deux des Ministres de l’OPEP, Jamani (Arabie Saoudite) et Amouzegar (Iran). Opération dans laquelle il a été grièvement blessé.

Suite aux protestations de la défense qui ne comprend pas les propos de M. KLEIN, le Président fait appel à un traducteur.

M. KLEIN évoque un vol entre Tripoli (Libye) et Mogadiscio (Somalie) conduit par 2 pilotes britanniques, puis un vol pour le Yémen où était installé W. HADDAD dans son quartier général de l’OLP.

En juillet 1976,  un événement majeur motiva son retrait définitif du mouvement terroriste : c’était, lors du détournement d’un avion d’Air-France sur Entebbe en Ouganda : « Ils ont fait un tri entre les passagers qui étaient juifs et ceux qui ne l’étaient pas. Comme à Auschwitz. C’était insupportable pour moi dont la mère avait été déportée à Ravensbrück». Sa mère s’est suicidée avec l’arme de son père, membre des SS. Il lui était impossible de continuer à fréquenter ce groupe. Il était conscient des conséquences et des difficultés de quitter un tel groupe. « WEINRICH a tenté de m’assassiner » affirme-t-il.

Il s’est réfugié dans la région de Milan. Il renonce publiquement au terrorisme en 1977 en envoyant une lettre au magazine Der Spiegel (en y joignant son arme) dans laquelle il avertit des prochains attentats préparés par les Cellules Révolutionnaires prévus sur deux leaders de la communauté juive allemande dont le Président du Consistoire à Berlin, M.SATLINSKY.

Puis, il se réfugie en France où il a des contacts, notamment avec COHN BENDIT, qui l’aident dans cette clandestinité. Après deux décennies de cavale, il est arrêté en 1998 et extradé vers Allemagne et poursuivi pour son rôle dans l’attaque de l’OPEP. H.J. KLEIN est condamné à neuf ans de prison en 2000 et libéré après une grâce en raison de son statut de repenti en 2003.

Après sa déposition spontanée, le Président pose des questions au témoin.

Entendu à trois reprises en septembre 1998, vous avez retracé cette période de votre vie en expliquant que dans un premier temps vous avez été recruté par WILFRIED BOSE, chef des Cellules Révolutionnaires. Puis BOSE vous a amené à Paris fin 1974 et vous a présenté un certain « JOHNNY ».

Question du Président : qui est « JOHNNY ? »

Réponse de M. KLEIN : « JOHNNY » était l’alias de CARLOS dans les pays de l’Est et dans les pays arabes l’alias de CARLOS était  « SALEM ». CARLOS ressemblait à « un mafioso » toujours bien coiffé, « parfumé », loin de l’idée que je me faisais d’un militant de la gauche radicale.

Le Président poursuit son questionnement. La raison de votre déplacement à Paris, constituait à fabriquer dans un appartement des faux coupons de vol pour se les faire rembourser par des compagnies aériennes. Cela correspondait à une source de financement pour le groupe, n’est-ce pas ?

Le témoin acquiesce.

Puis vous repartez avec BOSE en Allemagne, mais quelques mois avant la tuerie de la rue Toullier vous êtes retourné à Paris où vous rencontrez M. Michel MOUKHERBAL qui était le chef de JOHNNY. On vous propose une mission à Londres, celle de kidnapper l’ambassadeur d’Arabie Saoudite et de demander une rançon de 40 millions de dollars.

Le témoin fait observer que lors de cette mission, il était logé dans une chambre souterraine, alors que CARLOS et MOUKHERBAL logeaient dans un hôtel de luxe. Cette mission s’est arrêtée sur décision de MOUKHERBAL.

Après l’affaire de la rue Toullier, en 1975, il repart en Allemagne car il craignait que l’ont ait relevé ses empreintes sur les armes saisies dans l’appartement.

Vous avez dit : « quand je voyais CARLOS et MOUKHERBAL, j’avais le sentiment que même si MOUKHERBAL était le chef, c’était « JOHNNY » le véritable chef ».

Réponse : Je réitère mes propos, CARLOS avait toujours le dernier mot, il était dominant. Il voulait prendre la direction des Cellules Révolutionnaires.

Quand BOSE me propose l’affaire de l’OPEP, au départ  cela me paraissait impossible à faire. J’étais d’accord sur le principe mais je trouvais cela aussi dangereux que d’attaquer le Parlement autrichien. Puis il m’a convaincu en expliquant que les plans et les armes étaient fournis par la Libye. Je me suis rendu à Vienne retrouver le groupe,  il y avait NAKKACHE, le chef, YOUSSEF et JOHNNY. Les armes sont arrivées avec retard de Libye donc l’opération prévue le 20 décembre est décalée de 24 h. Les Libyens nous avaient informés qu’il y avait une prolongation de la conférence.

Question du Président : SANCHEZ s’était acheté un béret avant l’opération. Pour quelles raisons ?

Réponse : Il ne me semblait pas qu’il y ait eu de raisons particulières.

Question : quel était l’objectif de l’opération de l’OPEP pour vous ?

Réponse : c’était une action qui visait à soutenir les Palestiniens qui avaient fui vers le Liban. Chaque Ministre du pétrole devait être reconduit dans son pays où une déclaration pro-palestinienne devait être annoncée avant que  chaque Ministre soit libéré.

Question : pour quelles raisons avez-vous compris qu’il y avait d’autres objectifs dont on ne vous avait pas parlé et auxquels vous n’adhériez pas ?

Réponse : J’ai été blessé lors de cette opération. Les nouveaux objectifs  étaient d’obtenir de l’argent (une valise Samsonite remplie de dollars) et d’assouvir l’ambition de KADHAFI d’avoir la main mise sur l’OPEP et non de défendre la cause palestinienne.

Il explique avoir appris après coup que le dirigeant libyen, qui avait fourni les armes et les plans du bâtiment, avait chargé CARLOS de tuer les Ministres du Pétrole iranien et saoudien, ce qui ne s’est finalement pas fait.

Il est allé à Tripoli en Libye dans grand hôtel car CARLOS avait des rendez-vous avec KADHAFI puis à Mogadiscio et s’est rendu à Aden (Yemen) où il a retrouvé neuf membres des Cellules Révolutionnaires dans un camp d’entrainement.

En février 1976, une opération va être « la goutte qui fait déborder le vase ». Le détournement d’un avion d’Air-France sur Entebbe en Ouganda (3-4 juillet 1976) s’accompagne d’un tri des passagers entre juifs et non-juifs et KLEIN, jugeant cette méthode « insupportable », décide d’abandonner la lutte.

Question du Président : sur votre voyage en Yougoslavie avec SANCHEZ, que pouvez-vous nous en dire ?

Réponse : en aout 1976, j’étais en Yougoslavie pour faire du tourisme et j’ai rencontré CARLOS. Localisés par les services de l’Élysée en prévision d’une visite du Président M. Valéry GISCARD D’ESTAING, ils sont expulsés vers Damas (Syrie).

Question : suite à l’expulsion du groupe de Yougoslavie, il ressort des rapports que vous aviez eu un entretien difficile avec SANCHEZ au cours duquel vous avez craint d’être tué par ce dernier. Pouvez-vous nous en parler ?

Réponse : CARLOS m’avait strictement interdit de communiquer sur cette pseudo-arrestation qui avait eu lieu à Belgrade (Yougoslavie).

Question : pourquoi ?

Réponse : Je ne sais pas. Il était très énervé en raison du fait que j’avais parlé de cette opération à des membres appartenant à l’organisation du 2 juin. J’ai eu la trouille, car il jouait avec son pistolet et j’avais peur qu’il me tue.

Question : par qui vous êtes-vous fait raconter les événements de Vienne?

Réponse : j’avais été blessé, c’est donc CARLOS qui m’a raconté ce qui s’était passé.

Question : s’agissant de la personnalité de CARLOS, vous avez dit aux enquêteurs, à l’époque, qu’il avait une « politique du massacre gratuit », il tuait pour être craint et il ne prêtait aucune attention à la vie des autres. Il était mégalomane et très content que la presse l’appelle CARLOS. Et maintenant qu’en pensez-vous ?

Réponse : c’était mon analyse personnelle des choses.

Le témoin ajoute que pour résumer, il définissait CARLOS à l’époque comme :

-          un mythomane

-          mégalomane

-          lors de leur rencontre, il n’avait pas vu en lui un homme de conviction.

« CARLOS se déclare être un révolutionnaire professionnel ? Mandela était un révolutionnaire, Solidarnosc (le syndicat polonais anticommuniste), les gens qui manifestaient à Dresde (contre la RDA) étaient révolutionnaires eux. Mais tuer une femme rue Marbeuf, je ne trouve pas cela révolutionnaire » dit-il à la Cour.

Le Président fait remarquer au témoin que l’accusé niait les faits jugés.

CARLOS se lève d’un bond et intervient, il dit « n’avoir jamais contesté être à l’origine de l’attentat de la rue Marbeuf ».

Étonnement de la Cour, des parties et du Parquet à ce qui peut sembler être une révélation.

« Nous exécutons les indics, les traites… »

CARLOS prend la parole et explique qu’il y a trois façons de répondre aux accusations, on peut dire :

« je suis coupable, je suis innocent ou je vous emmerde, je choisis la dernière ». 

Il conteste la non-instruction et la comédie du juge d’instruction et de l’Avocat général M. RICARD qui dégrade les aspirations des parties civiles mais refuse de donner des informations. Il dénonce les parties civiles racoleuses, la vacuité de l’accusation, les photocopies de photocopies.

« Si vous m’accusez, il faut le prouver » s’adressant au Parquet.

Me COUTANT PEYRE intervient : vous êtes de quel côté M. Le Président ?

Le Président poursuit ses questions : connaissez-vous Mme FROHLICH ?

Réponse : non.

Question : et M. BREGUET ?

Réponse : non plus.

Question : quand vous avez été entendu vous étiez en prison à l’époque. Pourquoi ?

Réponse : J’étais sous écrou extraditionnel.

Question : avez-vous fait l’objet d’une condamnation pour  les faits de l’OPEP?

Réponse : j’ai été extradé et présenté devant la cour de Francfort en 2000 et condamné à 9 ans de prison. En décembre 2003, j’étais gracié par le président du Land de Francfort.

Le Président finit ses questions.

Question de Me MIQUEL, avocat des parties civiles : CARLOS ne supportait pas de ne pas être le chef ?

Réponse : j’ai souligné que CARLOS voulait être tout le temps dominant. Il n’est pas un révolutionnaire mais un mercenaire.

Question : considérez-vous que CARLOS a jeté par-dessus bord son humanité et son idéal ?

Réponse : je considère que quand on voit ce que CARLOS a déclaré, en matière d’humanité il ne reste pas grand-chose.

Question de M. BRAY, Avocat général : est-ce que vous êtes venu pour vous venger ?

Réponse : non, j’aurais préféré rester avec mes vaches.

Question : on a l’impression que vous êtes là pour « le charger » ?

Réponse : on m’a demandé de dire la vérité, je dis la vérité.

Question : CARLOS a dit qu’il était un révolutionnaire professionnel et un combattant. Qu’en pensez-vous ?

Réponse : il n’y a plus rien à dire sur CARLOS.

Question : le béret était-il utile pour l’opération militaire ? Ou était-ce un effet de coquetterie ?

Réponse : non, il n’était pas utile.

Question : s’agissant du surnom de CARLOS d’où vient-il ?

Question : l’amour de CARLOS pour les femmes le pousse-t-il à commettre ces attentats ?

L’Avocat général rappelle ses déclarations : Il racontait que l’attentat rue Marbeuf était lié à l’arrestation de sa femme Mme KOPP, que l’attentat contre la Maison de France à Berlin était concomitante à l’arrestation d’une amie. On n’a jamais vu dans l’histoire du grand banditisme des actes commis pour le compte d’une « nana ».

Question : vous dites à Aden que CARLOS sortait tout le temps, c’est un « mercenaire du terrorisme ». Pourquoi dites-vous cela ?

Réponse : en Yougoslavie, c’était la vie des grands hôtels et à Bagdad aussi. En Algérie on était même reçu par le gouvernement.

M. BRAY relève une attirance de CARLOS pour l’argent, mentionné dans un rapport. Est-ce que vous considérez ça comme vrai ?

Réponse : à Londres il était dans un grand hôtel, à Vienne pareil.

Question de l’Avocat général, RICARD : vous avez dit que CARLOS était un homme très intelligent mais que vous n’avez jamais pu vous expliquer son comportement car il dépassait l’entendement.

Il est mentionné dans un rapport des services de renseignements tchèques transmis aux Hongrois que CARLOS travaille pour ceux qui le paient. CARLOS se définit comme un marxiste et communiste. Il a un comportement nerveux et spontané.

Un rapport roumain en date du 29 juillet 1978  le décrit comme étant un homme sans conviction politique structurée, un fanatique.

Dans un rapport allemand de février 1981, il est dit que CARLOS est très sûr de lui parfois arrogant et il accepte rarement l’opinion d’autrui.

Enfin, un rapport allemand du 7 mai 1984 affirme que les visées politiques de CARLOS sont pseudo révolutionnaires, il ne possède pas de connaissances profondes de ces notions. Ses déclarations sont superficielles et ses réactions imprévisibles.

Ces appréciations vous semblent-elles correspondre à l’individu que vous avez connu ?

Réponse : je n’ai jamais eu de discussions politiques avec CARLOS. À compter des années 80 la politique de CARLOS était  une politique de « HOW MUCH ?» (Combien ça va me rapporter, quelle contrepartie financière ?).

L’attentat contre la Radio Free Europe en février 1981 (commandé par Ceausescu) est typique de la politique du « how much ».

M. RICARD évoque un rapport allemand signé par JAECKEL qui fait mention d’accords passés entre les services roumains et l’accusé, ainsi que des accords avec les Libyens grâce auxquels il a perçu plusieurs millions de dollars.

Cette politique  du « how much », est-ce la raison qui vous a amenée à prendre la décision de quitter le groupe ?

Réponse : en 1975, il y avait une caution émanant de la banque d’état algérien qui garantissait 5 millions de dollars  au groupe, c’était sans doute le départ de cette politique du « how much ». Je considère que ceci n’a rien à voir avec la politique et pas plus avec la révolution.

Question de l’Avocat général, M. J.F. RICARD : pouvez-vous décrire les rapports, le type de relation, qui existaient entre WEINRICH et CARLOS ?

Réponse : Je ne peux pas vous dire. Je ne savais rien sur leurs relations.

Question de Me COUTANT PEYRE : quelle est la dernière fois où vous avez été en contact avec CARLOS ou un membre du groupe ?

Réponse : en septembre 1976.

Question : et à quand remonte la dernière opération ?

Réponse : en décembre 1975, les Cellules révolutionnaires pour lesquelles je travaillais, me demandaient d’aider le groupe CARLOS.

Me COUTANT PEYRE fait observer que le témoin n’apporte rien sur les faits en l’espèce, car il n’avait plus de contact avec le groupe CARLOS six ans après la commission des attentats de 82-83.

Question : vous trouviez-vous sur l’aéroport d’Entebbe lors du détournement d’avion ?

Réponse : non.

Question : donc qui est le témoin direct ? Qui vous a rapporté qu’un tri sélectif a été effectué ?

Réponse : des témoins étaient des otages là bas. Mme BLOCH a été exécutée.

Me COUTANT PEYRE lui reproche de faire état de témoignages indirects alors qu’il avait affirmé préalablement lors de sa réponse à une question posée, qu’on ne peut témoigner de ce qu’on n’a pas vu.

Me COUTANT PEYRE regrette que l’accusation demande au témoin, à travers les qualificatifs qu’il utilise pour décrire la personnalité de SANCHEZ, de faire une sorte d’expertise psychiatrique de CARLOS. Elle regrette que le témoin serve de caution pour remplacer l’expert, M. DUBEC, qui d’ailleurs a été radié pendant 3 mois pour avoir menti sur SANCHEZ et reproche à l’accusation de l’utiliser à ces fins. Avez-vous des expériences pour donner des éléments sur la personnalité de SANCHEZ ?

Réponse : j’ai une expérience en terrorisme, je ne me laisse plus manipuler. J’ai émis une opinion, je ne suis pas un expert.

Me COUTANT PEYRE fait observer les contradictions du témoin. Ainsi, ce dernier émet des opinions sur la vision politique de SANCHEZ or il a préalablement dit qu’il n’avait jamais eu de discussion politique avec ce dernier.

Question : comment pouvez-vous avoir un avis sur l’attentat contre la Radio Free Europe de 1981 alors que vous ne voyiez plus SANCHEZ depuis 1976. À quel titre ?

Réponse : je l’ai lu.

Me COUTANT PEYRE : vous êtes un témoin qui s’informe dans la presse comme les services de renseignements.

Me VUILLEMIN fait observer que le témoin n’a rien à dire sur les faits qui sont reprochés à SANCHEZ. « Vous êtes un témoin de personnalité. Vous jouez l’agneau repenti face au loup sanguinaire qui est dans le box ». Mais aimiez-vous les armes ?

Réponse : j’étais amoureux des armes, j’étais fasciné, je ne l’ai jamais nié. Je confirme être expert en armes.

Question de Me VUILLEMIN : avez-vous tué ?

Réponse : non jamais sinon je ne serais pas ici.

Question : vous avez dit qu’après l’OPEP j’avais trois cadavres sur mon dos et vous n’avez jamais tué ? Vous avez dit j’ai fait des saloperies mais je n’ai jamais tué. Citez-moi trois saloperies ?

Réponse : j’ai rien fait d’autre que la prise d’otages des Ministres de l’OPEP.

Me VUILLEMIN s’emporte : « En 1977 vous avez adressé votre revolver au journal DER SPIEGEL ainsi que les balles mais vous n’avez jamais tué ! Vous êtes un drôle de révolutionnaire armé ! J’ai l’impression que l’escroc paumé de la révolution c’est vous ! »

Question : dans vos années d’activisme avez-vous eu des contacts avec le Mossad ?

Réponse : non, ni avec le Mossad ni avec le KGB.

CARLOS prend la parole.

KLEIN refuse de répondre à toute question de CARLOS.

Me COUTANT PEYRE demande à ce que les questions soient posées par le Président au témoin.

CARLOS considère que  KLEIN ne peut pas être témoin dans le procès car « témoin de rien », juste un témoin de personnalité.

Question de CARLOS : est-ce que M. KLEIN est d’origine juive ? Est-ce que votre mère était déportée juive à Ravensbrück ?

Le Président refuse de poser au témoin une telle question.

Question de CARLOS : son père était-il membre des SS pendant la Seconde Guerre mondiale ? En fait, il était membre de la Wehrmacht.

Le témoin refuse de répondre.

Question : est-ce que vous étiez membre du commando de Nairobi ?

Il oppose le même refus.

CARLOS se déclare responsable politiquement et militairement de la prise d’otages de l’OPEP. KLEIN n’a rien vu, il était cagoulé. On n’accuse que si on a vu. J’ai tué trois personnes.  Il ajoute que le béret « c’était pour faire fils à Papa, pour faire artiste » et lance un dernier pic au témoin : « KLEIN n’avait pas le niveau pour qu’on ait des discussions politiques ».

L’audience est suspendue à 13 h 40.

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